« Hunting in the Contact Zone »
Anne de Malleray et Joshua de Paiva, dans Remaking Nature, Antennae. The Journal of Nature in Visual Culture n° 50, printemps 2020.

Nous étudions dans cet article la manière originale dont le Musée de la Chasse et de la Nature à Paris déstabilise et interroge les dualismes au fondement même de l’institution muséale, participant d’une forme de « dénaturalisation » du musée moderne. À travers des choix muséographiques et curatoriaux audacieux, le musée n’a cessé de questionner nos représentations de la nature, tout en adoptant une perspective relationnelle et amorale qui invite le visiteur à marcher dans les pas du chasseur et sur les pistes animales, mobilisant des affects contrastés et ambivalents à l’égard du vivant. Plus qu’un simple cabinet de curiosités présentant un ensemble d’objets naturels et artefactuels, ce dispositif muséal singulier éveille ainsi une curiosité active envers les mondes non humains. Nous proposons de le penser comme une « zone de contact » naturelle-culturelle qui nous invite à « rester avec le trouble » (Donna Haraway) et nous engage à repenser les relations humaines à la faune sauvage dans un contexte de crise écologique. Lire l’article (EN)

« En quête d’émerveillement. À propos de l’exposition Admiratio de Noémie Sauve au Drawing Lab »
Joshua de Paiva, dans La Vie des Idées, 1er janvier 2024.

Alors que l’éco-art appelant à la prise de conscience et à l’action concrète face à la crise connaît un véritable essor, la pratique de Noémie Sauve dessine une autre manière d’explorer les enjeux écologiques et d’articuler art, esthétique et sciences. À travers des expérimentations plastiques inspirées d’observations sur le terrain, l’artiste cherche des chemins d’accès aux dynamiques affectives qui motivent l’enquête scientifique sur les milieux naturels et les vivants qui les peuplent. Lire l’article

« Pour une esthétique du vivant. Enquête philosophique sur les rencontres avec le vivant dans l’art actuel »
Joshua de Paiva, thèse de doctorat, Sorbonne Université, 2023.

À l’heure d’une crise de la biodiversité causée par les effets des activités humaines, et d’une extinction de l’expérience de la nature, certains artistes créent dans leurs installations les conditions d’une rencontre sensible entre les visiteurs humains et les êtres vivants non humains. Mis en présence dans leurs différentes manières d’exister, ces derniers semblent invités à vivre leur vie dans les espaces d’exposition – mettant alors à l’épreuve aussi bien les intentions des artistes que les attentes des visiteurs dans ce contexte. Quel rôle accorder à ces propositions artistiques alors que nous traversons ce qui est aussi une crise de la sensibilité au vivant ? Je me suis d’abord demandé dans ce travail ce que le vivant faisait à l’art et à l’expérience de l’art, en examinant en quoi il interrogeait nos définitions de l’œuvre d’art, nos stratégies de réception, et les cadres théoriques dont nous héritons en philosophie esthétique. Mais il s’agissait surtout de se demander, inversement, ce que le contexte et les dispositifs artistiques ouvraient comme type de relation et d’attention au vivant, afin de déterminer en quel sens renouvelé elles pouvaient être qualifiées d’esthétiques, et quels pouvaient être les enjeux de ces expériences de rencontre dans le contexte actuel. J’ai formulé l’hypothèse qu’elles pourraient, en reconfigurant nos modes d’attention, en nous rendant disponibles et plus sensibles à des rencontres à venir, transformer nos manières de nous rapporter aux autres vivants hors de l’art. Mon travail a consisté à en décrire les conditions et les modalités propres, afin de faire émerger les enjeux à la fois théoriques et pratiques d’une « esthétique du vivant », conçue comme un art de l’expérience qu’il s’agirait de cultiver.
En savoir plus : émission Tempo de l’art du 20 jan. 2024

« Vers une esthétique du vivant en temps d’extinction : le rôle de l’art ou l’art de faire connaissance »
Joshua de Paiva, dans L’art face aux urgences écologiques, Revue Marges n° 35, Presses Universitaires de Vincennes, automne-hiver 2022.

Esquissant les lignes directrices d’une enquête sur la rencontre sensible avec les vivants – et son potentiel de transformation de l’attention – chez Tomás Saraceno et Marguerite Humeau, cet article propose d’interroger l’idée que seul un art anesthétique saurait jouer un rôle face aux urgences écologiques. Il s’agirait de réévaluer les enjeux possibles de l’art et, à l’horizon, d’une esthétique du vivant en temps d’extinction – en prenant au sérieux la dimension expérientielle de la crise actuelle, et en repensant les rapports entre sensibilité et action. Lire l’article

« Où sont-ils passés ? Sur l’exposition La Fabrique du Vivant au Centre Pompidou »
Joshua de Paiva, dans AOC, avril 2019.

L’exposition collective « La Fabrique du vivant » rassemblait au Centre Pompidou des artistes, ingénieurs, scientifiques et entrepreneurs dont les projets et les œuvres déplaçaient ou franchissaient les frontières entre inerte et animé, artificiel et naturel. Cet article revenait sur mon expérience de visite pour montrer en quoi cette exposition mobilisait des affects et des rapports contrastés à l’égard du vivant. Lire l’article